Découvrez la « Collection de M »

© Elias Derboven voor M Leuven
Découvrez la collection
Collection de M
Depuis juin dernier, on peut visiter la « Collection de M » : une sélection passionnante et très variée de la collection du musée, qui sera exposée jusqu’en 2029. Il vous reste donc amplement le temps, mais il y a aussi des sections qui changent. Pour les voir, il faut donc être plus vigilant·e. Ainsi, nous présentons régulièrement une nouvelle sélection de notre vaste collection de dessins. Ceux-ci retournent dans les réserves au bout de six mois, pour éviter une trop longue exposition à la lumière.

© Elias Derboven voor M Leuven
Nous présentons quelques-uns des 12 dessins que l’on peut voir à M jusqu’à la fin du mois de juin. Ne manquez pas de faire un saut au musée, ne serait-ce que pour la table à dessin, où l’on peut s’inspirer des œuvres exposées et donner libre cours à sa créativité.
Isaac Israels
Cette délicate esquisse d’une jeune femme qui fait sa toilette, dessinée au fusain et dans de doux tons pastel, porte dans le coin inférieur droit la signature du dessinateur et peintre amstellodamois Isaac Israëls (1865-1934). La jeune fille représentée de profil, avec derrière elle, sans doute une servante, se maquille les yeux à l’aide d’un petit miroir à main. Elle porte des sous-vêtements, un corsage et une jupe, a les bras et les épaules nus et les cheveux relevés. Isaac Israëls était l’un des chefs de file des impressionnistes d’Amsterdam – un groupe d’artistes inspirés par l’impressionnisme français pour illustrer la vie urbaine à la fin du XIXe siècle.

Jonge vrouw bij haar opschik, Isaac Israels, zonder datum, Collectie M Leuven, foto: M Leuven
Xavier Mellery
Une femme vêtue d’une cape sombre est assise sur une chaise derrière une balustrade, dos au spectateur. Elle regarde l’hôtel de ville de Louvain devant elle. D’après la signature, Xavier Mellery (1845-1921) a réalisé ce dessin à Louvain en 1916. Deux ans plus tôt, les occupants allemands avaient réduit en ruine une grande partie du centre-ville, mais l’hôtel de ville y avait échappé. C’est peut-être la raison pour laquelle Mellery a représenté le bâtiment d’un point de vue assez bas : une mise en scène qui laisse les dégâts de la guerre hors champ et donne une touche surréaliste et mélancolique. Mellery, qui vivait et travaillait à Bruxelles, a offert ce dessin comme prix de tombola pour les festivités que deux associations caritatives ont organisées à l’abbaye Sainte-Gertrude en 1916. Le gagnant n’étant jamais venu chercher son prix, les organisateurs ont offert le dessin à la ville de Louvain en souvenir.

Zittende volksvrouw op een balkon, kijkend naar het stadhuis van Leuven, Xavier Mellery, 1916, Collectie M Leuven, foto: M Leuven
Aleksandra Chaushova
Dans les dessins très détaillés au crayon et au pastel d’Aleksandra Chaushova (°1985) réalité et fiction ne sont jamais très éloignées l’une de l’autre. Malgré l’extrême réalisme avec lequel elle représente des personnes, des animaux et des objets, il se dégage de la figuration et de la mise en scène aliénantes des strates émotionnelles, biographiques et narratives tangibles et profondes. Romantic Species (2020-2021), une série de sept dessins de la collection M, dans lesquels Chaushova combine des (détails de) personnes, des oiseaux exotiques et des plantes qu’elle rend avec minutie et en fait des (auto)portraits, parfois sous la forme de créatures hybrides.

Romantic Species / Protea Pin Cushion, Aleksandra Chaushova, 2020, Collectie Vlaamse Gemeenschap bij M Leuven © de kunstenaar

Romantic Species / Cape Crow, Aleksandra Chaushova, 2020, Collectie Vlaamse Gemeenschap bij M Leuven © de kunstenaar
Pieter-Jozef Verhaghen
Pieter-Jozef Verhaghen (1728-1811) est né à Aarschot, mais a travaillé à Louvain. La carrière couronnée de succès de ce peintre productif l’a amené jusqu’à la cour viennoise de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Il s’est inscrit dans la tradition des peintres baroques flamands, tels que Gaspar de Crayer et surtout Pierre Paul Rubens, autant dans ses peintures que dans ses dessins. Cette étude à la craie représente deux têtes d’hommes à des âges différents : le jeune personnage du haut, à la peau lisse et aux joues rondes, contraste nettement avec l’homme plus âgé, à la barbe et aux traits sillonnés de rides, du bas. Le rendu détaillé, les hachures délicates et les effets de clair-obscur remarquables portent à penser que l’artiste s’est inspiré d’une gravure plutôt que d’un modèle vivant.

Twee apostelhoofden, Pieter-Jozef Verhaghen, zonder datum, Collectie M Leuven, foto: M Leuven
Els Dietvorst
Plasticienne et réalisatrice, Els Dietvorst (°1964) associe l’art à l’activisme, et travaille souvent avec des communautés socioculturelles diverses pour explorer des thèmes tels que la migration, la diversité et la relation de l’humain avec la nature. Elle réalise des vidéos, des sculptures, des installations et des dessins. Installée en Irlande en 2010, elle y poursuit sa pratique et intègre l’environnement à ses œuvres. En 2021, elle s’est vu décerner l’Ultima des Arts plastiques, une reconnaissance de son impact durable sur le monde de l’art. Ce dessin au bistre (pigment jaune brun) fait partie d’une série sans titre de petit format. On y distingue une figure humaine, dont le visage cède la place à une expression plus libre – un effet obtenu par la mise en mouvement de l’encre.

Zonder titel, Els Dietvorst, 1998, Cera-collectie bij M Leuven © de kunstenaar 2025, foto: Johan Geleyns
Jef Geys
Jef Geys (1934-2018), connu pour son approche critique et ludique de l’art, a beaucoup travaillé autour de sujets quotidiens qu’il plaçait dans un contexte artistique. Ses œuvres – tableaux, photographies, installations et textes – remettent en question les frontières entre l’art et la vie et respirent un profond engagement social. Geys s’est aussi fait remarquer pour ses méthodes d’exposition peu conventionnelles : il diffusait ses idées dans des journaux régionaux qu’il fabriquait lui-même.
Les personnages de ce dessin, que Geys décrit dans la légende comme des « silhouettes divines », s’inspirent des pétroglyphes de Tanum en Suède, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui conserve nombre de ces gravures rupestres de l’âge du bronze représentant la vie quotidienne et culturelle d’il y a 3 000 ans et de nombreux personnages et animaux mythiques ou surnaturels.

Zonder titel, Jef Geys, 1960, Cera-collectie bij M Leuven © SABAM Belgium 2025, foto: Philippe Debeerst

Wouter Van Vooren voor M Leuven