Découvrez la « Collection de M »

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: Dominique Provost voor M Leuven
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Collection de M
La « Collection de M » est le titre de la nouvelle présentation de collection de M pour ces cinq prochaines années. Objets historiques et œuvres d'art contemporain, dessins et peintures, installations spatiales, montres de poche minuscules et pièces d'autel monumentales, tout y a sa place.

Zaalzicht 'Collectie van M', 2024, M Leuven, foto: Dominique Provost voor M Leuven
Dans cette « Expo digital », nous vous faisons découvrir quelques pièces majeures exposées dans la première salle de la « Collection de M ». L'expo s'articule autour de deux thématiques. La première, « Ce que (ne) voit (pas) l'œil », s'interroge sur ce qui se passe lorsque nous regardons une œuvre d'art. Quel est son rapport à son contexte ? Comment les artistes défient-ils notre regard ? Et que voyons-nous quand nous nous attardons devant une œuvre ?
Depuis toujours, les artistes ont conscience des divers éléments intervenant dans la création artistique et l'expérience de l'art, dont la lumière, l'espace et le temps. « Les modalités du regard », le second thème, illustre comment ces facettes sont abordées par les artistes et le rôle qu'elles jouent dans notre propre expérience de l'art – en combinaison avec notre personnalité, notre bagage culturel et notre état d'esprit.
Wolfgang de Smet
« Intérieur de l'église Saint-Pierre de Louvain », 1667
Il y a beaucoup d'endroits où on peut regarder de l'art : bien évidemment dans un musée comme M, mais aussi dans la rue, à l'intérieur des bâtiments publics, dans les églises – ou tout simplement chez soi. Et l'expérience artistique dépend en grande partie du cadre.
Le tableau de Wolfgang de Smet est une impression artistique de l'église Saint-Pierre de Louvain en 1667. Si de nos jours l'intérieur de l'église est « dégarni » pour la plus grande partie, à l'époque il était orné de pièces d'autel, de monuments funéraires, de mobilier religieux, de peintures et de sculptures. Toutes ces œuvres n'y étaient pas seulement pour être admirées ; elles avaient une fonction précise au sein de la liturgie catholique et pour la dévotion des fidèles.
Au fil des années, beaucoup de pièces représentées sur ce tableau ont été vendues, confisquées par des occupants étrangers ou retirées pour d'autres raisons. Certaines d'entre elles, dont l'immense statue de saint Christophe du XVIe siècle, ainsi qu'une Sainte Trinité réalisée dans l'entourage de Rogier van der Weyden, sont passées dans la collection de M. Vous pouvez les voir dans les salles du musée.

Wolfgang de Smet, ‘Interieur van de Sint-Pieterskerk te Leuven’, 1667, bron: artinflander.be, foto: Dominique Provost
Anna Zacharoff
« National Museum », 2019, Collection Cera à M Leuven
Les œuvres d'art sont abordées autrement dans un musée que dans une église. Anna Zacharoff, dans son « National Museum » – une maquette d'un musée à Stockholm, partiellement imaginaire – sonde le musée en tant qu'institution. La maquette est ouverte et dénuée d'œuvres d'art ; il en subsiste ainsi un bâtiment vide qui appelle des questions sur le rôle ou la portée des musées.

‘National Museum’, Anna Zacharoff, 2019, Cera-collectie bij M Leuven © de kunstenaar, foto: Miles Fischler

Anna Zacharoff, National Museum, 2019, foto: © Lola Pertsowsky

Robert de Nole
« Retable de sainte Anne », 1610
Dans la première salle sont exposés côte à côte le retable de sainte Anne de Robert de Nole, datant de 1610, et le triptyque photographique « V.L.-L.V. 17 » de Dirk Braeckman, créé en 2017. Malgré les quatre siècles d'écart, les deux artistes adoptent des stratégies artistiques comparables.
Le retable, qui provient de l'église de l'ancien couvent des Célestins de Heverlee, se compose de 14 panneaux en albâtre anglais. Ces reliefs ne sont pas peints ; ils dépendent donc des jeux d'ombre pour donner une impression de profondeur. La simplicité de la matière véhicule une forte impression de modernité, mais il faut savoir qu'à l'origine les panneaux étaient arrangés dans un cadre architectural imposant et que certains détails étaient rehaussés de dorures. L'effet visuel devait donc être essentiellement différent de celui obtenu dans l'environnement sobre et neutre d'un musée.

Robert de Nole, ‘Sint-Annaretabel’, 1610, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Dirk Braeckman
‘V.L.-L.V. 17 #1-3’, 2017
L'œuvre de Dirk Braeckman questionne également les limitations de notre regard. L'artiste a réalisé trois photos d'un même tableau de Véronèse et les a manipulées en chambre noire pour en tirer de nouvelles images uniques.
La granulation, les taches et découpes, ainsi que la perspective plane rendent possibles de nouvelles interprétations. Le flash et les effets d'ombre sont explicitement présents. Le résultat : trois images faisant ressortir l'aspect matériel de la photographie et proposant une mise en œuvre picturale des caractéristiques de ce moyen d'expression.

Dirk Braeckman, ‘V.L.-L.V. 17 #1-3’, 2017 © Dirk Braeckman, Courtesy Zeno X Gallery, Antwerp, foto: Dirk Pauwels voor M Leuven
Tina Gillen
« Rain or Shine », 2013, Collection de la Communauté flamande à M Leuven
Cet immense tableau joue sur notre perception. S'agit-il d'un jeu abstrait de traits et de couleurs ? Ou regardons-nous une image à travers le pare-brise fendillé d'une voiture ? Par le biais de ses compositions entre figuration et abstraction, Gillen mène indirectement une réflexion sur la réalité qui nous entoure. Comme elle a adopté en tant que point de départ des photos de maisons affectées par des inondations, elle évoque l'insignifiance vulnérable de l'être humain à la lumière de la problématique climatique.

‘Rain or Shine’, Tina Gillen, 2013, Collection Communauté flammande à M Leuven, photo: © l’artiste
Michiel Coxie
Triptyque du Calvaire, avec l'Annonciation au verso des volets, 1571
Comme tous les triptyques, cette œuvre de Michiel Coxie – un artiste considéré comme le « Raphaël flamand » à son époque – se compose d'un panneau central et de deux volets latéraux. Mais ici, nous présentons le triptyque fermé, tel qu'il était visible la plupart du temps dans l'église abbatiale. Tout comme par le passé, nous n'ouvrons les volets qu'à certains moments particuliers ; l'intérieur est alors révélé. Ce triptyque a été commandé à la fin des années 1560 par Philippe de Hosden (†1569), abbé de l'abbaye Sainte-Gertrude de Louvain. Notre collection comprend aussi une chape et une chasuble, deux précieux vêtements liturgiques commandés par l'abbé en 1558 à l'atelier de broderie bruxellois de Bartholomeus van de Kerckhove.

Michiel Coxie, Triptiek met de Calvarie, en de Annunciatie op de buitenluiken, 1571, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost

Wouter Van Vooren voor M Leuven