Portrait d'un M-bassadeur: Ischa Swinnen

Portrait d'un M-bassadeur

M-bassadeur in de zalen van museum M Leuven

© Aurélie Geurts voor M Leuven

Ischa Swinnen (32 ans) est M-bassadeur depuis 2022, bien qu’il visite M depuis bien plus longtemps – depuis son ouverture, pour être précis, alors qu’il n’avait que dix-sept ans. Il dit qu’il s’en souvient toujours.

M-bassadeur in de zalen van museum M Leuven

© Aurélie Geurts voor M Leuven

M est pertinent

Ischa Swinnen
M-bassadeur

« En 2009, M a ouvert ses portes avec une exposition sur Rogier Van der Weyden qui s’intitulait La passion du maître. À l’époque, j’habitais encore chez mes parents au centre-ville de Louvain et, en tant qu’admirateur des Primitifs flamands, il fallait à tout prix que je voie cette exposition. Comme j’avais dix-huit ans, l’entrée était gratuite et illimitée. J’ai fait un usage intensif de ce privilège : je ne me souviens plus exactement du nombre de fois où j’ai vu l’exposition Van der Weyden, mais je l’ai visitée souvent (rires). Dès que j’avais une heure de libre, je venais ici m’émerveiller devant Marie-Madeleine lisant. »

 

« Déjà à l’époque, je préférais aller seul aux expositions. Ce n’est qu’ainsi que je parviens à m’imprégner des œuvres en toute liberté et spontanéité et à leur donner ma propre interprétation. C’est pour cette même raison que je préfère les expositions sans texte d’accompagnement. Comme cette merveilleuse exposition DOKA, dont Geert Goiris est le commissaire : elle ne tient pas le visiteur par la main et lui offre la latitude nécessaire pour une pensée autonome. »

 

« Ce que me plaît beaucoup, ce sont les nocturnes de M le jeudi soir, lorsque le musée est ouvert jusqu’à 22 heures. Je ne sais pas pourquoi – peut-être que les gens sont simplement trop fatigués par leur journée de travail pour aller au musée –, mais c’est toujours particulièrement calme à ce moment-là. Le jeudi soir, on a parfois l’impression d’avoir le musée pour soi tout seul. C’est très agréable pour qui aime, comme moi, observer les œuvres de près. Il arrive même qu’un·e gardien·ne me rappelle à l’ordre : “Attention, ne vous approchez pas trop !” (rires) »

M-bassadeur in de tentoonstelling van 'Alias' van museum M Leuven

© Aurélie Geurts

Pour les jeunes et les moins jeunes

« J’ai étudié la photographie à Sint-Lukas à Bruxelles. Je venais de décrocher mon diplôme, il y a cinq ans, lorsqu’une voiture m’a renversé alors que je roulais à vélo. S’en est suivie une longue rééducation. Par conséquent, j’ai cessé d’aller au musée pendant au moins deux ans, parce que j’avais du mal à me concentrer sur quoi que ce soit pendant plus de quelques secondes. Heureusement, les choses se sont améliorées avec le temps et, en décembre 2022, j’y suis retourné pour la première fois. J’ai d’emblée décidé de devenir M-bassadeur, même si à l’époque je ne savais pas exactement quels en étaient les avantages. Je suis très satisfait de l’avoir fait, car on obtient beaucoup pour peu d’argent. »

 

« Par exemple : les M-bassadeurs bénéficient de visites guidées régulières, auxquelles je participe volontiers. Je veille toutefois à toujours aller visiter l’exposition seul au préalable. Je suis toujours curieux de savoir dans quelle mesure ma vision correspond à celle du guide, et j’aime aussi ajuster mon interprétation en fonction de cela. Je remarque cependant que je suis souvent parmi les plus jeunes participants. Les musées ont apparemment du mal à attirer un jeune public. Lors de mes études de photographie, je trouvais déjà étrange que nombre de mes condisciples considèrent le fait de “devoir” aller visiter une exposition comme un fardeau. Alors qu’aller au musée peut en fait élargir considérablement notre vision des choses. »

 

« Depuis quelques années, je suis responsable d’atelier du service de prêt de l’école Sint-Lukas. Il m’arrive donc d’aller visiter les expositions de nos étudiants. Elles sont parfois très bonnes, mais j’observe souvent, surtout chez les étudiant·es de première et deuxième année, qu’ils et elles ne savent pas vraiment de quelle façon présenter leur travail. Cela est certes aussi lié à l’exiguïté de l’espace, mais la relation d’une œuvre aux autres œuvres dans l’espace, l’emplacement et la manière de la placer ou de l’accrocher, l’incidence de la lumière sur une œuvre, tout cela ne s’apprend qu’en allant visiter d’autres expositions de temps à autre. Surtout à M, où les commissaires jouent souvent avec la disposition des espaces. »

Lieu de prédilection

« Et ce qui compte aussi, c’est que M est l’un des plus beaux bâtiments de la ville. Il est pertinent : rigoureux, mais pas conventionnel. Stéphane Beel, l’architecte, s’est distancié de la zone de confort du cube blanc classique. »

 

« L’espace tout en haut, avec cette vitre dans le coin, est mon endroit préféré dans tout le bâtiment. Entre autres pour sa vue imprenable sur la ville. Même quand une exposition me passionne un peu moins, l’édifice compense tout. »

M-bassadeur in de tentoonstelling 'Alias' van museum M Leuven

© Aurélie Geurts voor M Leuven

M-bassadeur in de tentoonstelling 'Alias' van museum M Leuven

© Aurélie Geurts voor M Leuven

M-cenassen in de museumzalen van M Leuven

© Eline Willaert voor M Leuven

La formule M-bassadeurs est actuellement en cours de révision. La formule actuelle restera en vigueur jusqu'en juin 2026. Il n'est toutefois pas possible de demander une nouvelle adhésion pour le moment.