Portrait d'une M-cène : Cecilia Haesendonck
Portrait d'une M-cène

© Rebecca Fertinel voor M Leuven
Littérature, art plastique, musique : Cecilia Haesendonck est une omnivore quand il s'agit d'expression artistique. Depuis son départ à la retraite, elle est aussi écrivaine. Elle a publié des romans, des pièces de théâtre et des poèmes, et elle se consacre actuellement à l'écriture de comédies musicales. Détail intéressant : Cil (son pseudo d'auteure) est une M-cène convaincue.

© Rebecca Fertinel voor M Leuven
Une grand part de ma vie tourne autour de l'art
Depuis combien de temps l'art occupe-t-il une place dans votre vie ?
« Aussi longtemps que je m'en souvienne. Mon premier grand amour a été la littérature. Alors que j'avais environ six ans, un vendeur d'aspirateurs s'est présenté chez nous et ma mère m'a donné la permission d'assister à la démonstration de ses modèles. Tout me semblait merveilleux : les appareils rutilants, leur agréable ronronnement, la propreté du tapis après le passage de l'aspirateur… J'avais tout juste appris à écrire, mais dès que le vendeur est reparti, j'ai couru dans ma chambre pour noter mes impressions. »
Quelle est la place actuelle de l'art dans votre vie ?
« Une grande part de ma vie tourne autour de l'art. J'ai toujours beaucoup lu et entretemps je suis moi-même devenue écrivaine – mon essai consacré au Prix Nobel de Littérature J.M. Coetzee a remporté un prix de la Ville de Louvain, l'“Essayprijs” ; j’en suis fière. J'aime aussi beaucoup la musique, surtout l'opéra. Et l'art plastique, bien entendu. »

© Rebecca Fertinel voor M Leuven
Quelle est la première œuvre d'art que vous ayez achetée ?
« Un dessin d'Elke Matthijs. Toute une histoire y est liée. J'ai travaillé dans le secteur bancaire pendant de longues années, mais j'ai perdu mon emploi à la suite d'une fusion. J'ai alors décidé d'entamer une seconde vie en tant qu'auteure et j'ai autopublié mon tout premier roman. En cherchant quelqu'un pour illustrer la couverture, j'ai trouvé Elke, une jeune artiste louvaniste. En tant que source d'inspiration, je lui ai montré une toile d'Ary Scheffer, un peintre néerlandais du XIXe siècle. À partir de là, elle a réalisé six dessins parmi lesquels j'ai choisi celui qui devait orner la couverture. Plus tard, après que nous ayons fait plus ample connaissance, elle m'a offert les cinq autres dessins, qui ont reçu une place de choix dans mon appartement. Ce sont de petites œuvres intimistes, à la fois sensuelles et mélancoliques. En 2020 je les ai incluses dans “Tweeënvijftig dagen corona” (“Cinquante-deux jours de Covid”), un recueil de poèmes en dialecte louvaniste, flanqués de leur traduction en “flamand policé”. J'ai pu présenter ce recueil au centre culturel 30CC et à M – un grand honneur. »
Si un incendie se déclarait dans votre appartement et vous ne pouviez sauver qu'une œuvre d'art, laquelle serait-ce ?
« Sans aucune hésitation “De mokerslag” (“Le Coup de massue”), également d'Elke Matthijs. C'est une grande toile, moins figurative que ses dessins, accrochée à une position centrale dans mon coin salon. En fait, je la regarde tout au long de la journée et j'y découvre sans cesse de nouveaux éléments – parfois même des choses que je n'oserais pas mentionner ici à voix haute (rires). »

© Rebecca Fertinel voor M Leuven

© Rebecca Fertinel voor M Leuven

© Rebecca Fertinel voor M Leuven
Comment êtes-vous devenue M-cène et pourquoi cela vous semble-t-il important ?
« Il y a cinq ans, Denise Vandevoort – échevine de la Diversité à l'époque – m'a invitée à collaborer avec d'autres personnes à la rédaction du livre “Ik kom van ver” (“Je viens de loin”). On y lit l'histoire de 43 fortes femmes arrivées à Louvain des quatre coins de la planète. Pour nous remercier, Denise nous a offert le statut de M-bassadeur. Cela m'a tellement plu qu'après un an, j'ai décidé de devenir M-cène. »
« Ce sont surtout les contacts sociaux que j'apprécie, les inaugurations d'expos, les visites guidées… La contribution des M-cènes, qui est en partie fiscalement déductible, sert à soutenir des projets artistiques et socioculturels de valeur. M joue un rôle important dans la vie culturelle de la ville, au même titre d'ailleurs que 30CC, le service culturel de Louvain. Ils font aussi beaucoup d'efforts en faveur de la vie associative louvaniste – je tiens à le signaler. »
De quelle œuvre ou expo à M gardez-vous un souvenir impérissable ?
« Je me souviens de l'expo “Albâtre” de l'année dernière. Superbe ! Le savoir-faire, l'amour du détail, la merveilleuse matière… La visite était aussi très apaisante. »
« J'attends de découvrir l'exposition Bouts à M. Pendant le confinement, je me suis mise à l'écriture de comédies musicales – en dialecte louvaniste ! La première de “Bouts, de musical” est pour bientôt. J'ai écrit le livret, tandis que la musique est du compositeur à la retraite Marcel De Jonghe. L'organisation pratique est assurée par l'association “Musicals Vei Leive”, que j'ai contribué à fonder il y a quelques années. Le 17 novembre, la comédie musicale sera présentée au Théâtre municipal, qu'on appelle en dialecte “den Teooter in de Stoosestroot” (rires). Nos comédies musicales combinent deux de mes grands amours, le langage et la musique. J'adore travailler dessus et les partager avec d'autres Louvanistes. »

Diederik Craps voor M Leuven
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