Les reliquaires en argent de la Collégiale Saint-pierre
Les reliquaires en argent de la Collégiale Saint-pierre

Jan Wynants, Reliekbeeld van de heilige Paulus (detail), Leuven, 1618, Collectie M Leuven / Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Elles attirent tous les regards dans la collégiale Saint-Pierre : huit magnifiques reliquaires du XVe au XVIIe siècle. Les recherches menées à M ont permis de percer certains de leurs secrets.

Jan Wynants, Reliekbeeld van de heilige Paulus (detail), Leuven, 1618, Collectie M Leuven / Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Attributs parlants
Les reliques étaient conservées dans un attribut propre au saint ou à la sainte, ou à proximité. Ainsi, la relique liée à la statue de Pierre (4), un os, est incorporée dans la croix inversée, une référence au martyre de l’apôtre. La tourelle dorée aux pieds de sainte Catherine (3) contient quant à elle une fiole en cristal de roche qui renfermait autrefois le chrême provenant de son tombeau.

Reliekbeeld van de heilige Catharina van Alexandrië (detail), Brussel, ca. 1490-1500,Collectie M Leuven / Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Les orfèvres de Louvain
Les statues sont réalisées dans des matériaux prestigieux (et précieux) : argent et bronze dorés, pierres précieuses, cristal de roche, émail… Elles sont l’œuvre d’orfèvres louvanistes et bruxellois dont les marques sont souvent conservées. À cette époque, il y avait plusieurs familles d’orfèvres actives à Louvain. On peut supposer qu’ils travaillaient à partir de modèles qu’ils commandaient à des amis sculpteurs.
Puissants et riches
Seuls de puissants mécènes pouvaient s’offrir de telles statues. Parfois, nous connaissons leur nom. Les statues de Pierre (4) et de Paul (5) portent une inscription latine complexe : selon une analyse de texte récente, elle nous apprend que Georges d’Autriche , chambellan de l’archiduc Albert, a fait don des statues à l’église en 1618. Il célébrait ainsi son 20e anniversaire en tant que prévôt de l’église et chancelier de l’université. Sur la tourelle, près de la statue de sainte Catherine, trônent les armoiries de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne jusqu’à sa mort violente en 1477.

Acht zilveren reliekbeelden, Brussel/ Leuven, ca. 1490-1618, Collectie M Leuven / Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Un événement spectaculaire
Tous les sept ans, ces statues et tous les autres reliquaires furent exposés dans l’église, durant cinq dimanches d’été, après la grand-messe. L’événement devait être spectaculaire : des dizaines de supports en or et en argent, illuminés par la lueur d’innombrables cierges. À la fin de la cérémonie, ils étaient portés en procession à travers la ville. Puis ils disparaissaient à nouveau pendant sept ans, enfermés sous clé, même s’ils restaient sans doute accessibles aux croyants.
Nouvelles perspectives
Ces dernières années, Ko Goubert, directeur des collections à M, a effectué des recherches sur ces sculptures : « En 2020, la restauration de la collégiale Saint-Pierre, qui a duré un an, s’est achevée. Pour la publication à cette occasion d’un livre sur l’histoire de la collégiale, j’ai effectué des recherches sur l’histoire de son orfèvrerie. Cela m’a permis d’obtenir de nouvelles informations. Par exemple, que la tourelle dorée aux pieds de la statue de sainte Catherine est beaucoup plus ancienne que la statue elle-même. »

Reliekbeeld van de heilige Maria Magdalena (detail), Meester IN / NI, Leuven, ca. 1550, Collectie M Leuven / Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost

Zaalzicht 'Tussen Hemel en Aarde - Beleef Het Laatste Avondmaal van Bouts', 2020, M Leuven, foto: © Dirk Leemans voor M Leuven