Histoires sans frontières
As-tu personnellement eu de mauvaises expériences de l’approche noir et blanc que tu évoques ?
« Personnellement, j’ai toujours été relativement épargnée, mais j’ai la peau plutôt claire. Dans le cadre de mes études, je devais un jour aller visiter un dancing avec quelques amis. J’y suis entrée, tout simplement, mais au bout d’un moment, j’ai remarqué que mes collègues étaient restés dehors, et je ne savais pas pourquoi. Il s’est avéré que le portier ne les laissait pas entrer, probablement parce qu’ils avaient une autre couleur de peau. Moi, avec ma peau plus claire, j’avais pu entrer sans problème, mais les autres n’étaient pas les bienvenus. Quand j’ai demandé au portier pourquoi il les empêchait d’entrer, il s’est borné à répondre: « parce que ». Ce fut pour moi comme un électrochoc. »
En arrivant d’Aruba, t’es-tu toujours sentie accueillie, d’abord aux Pays-Bas puis en Belgique ?
« Oui, oui, tout à fait. Après mes études secondaires, je suis arrivée aux Pays-Bas, où j’ai été très bien accueillie partout. Plus tard, à l’académie, je me suis retrouvée la seule fille dans une classe de 15 garçons, mais tout le monde a toujours été super gentil et accueillant. J’ai été vraiment bien reçue, même en dehors de l’école. »
« Mais tu sais ce qui compte beaucoup? C’est la langue. Quand on maîtrise une langue, l’intégration est beaucoup plus facile. Sans la langue, c’est difficile de communiquer avec les gens, et c’est essentiel! Quand on ne communique pas, on donne libre cours aux préjugés. Comme je parle quatre langues, j’ai toujours pu communiquer avec les gens. La langue d’Aruba est le papiamento, mais les habitants parlent espagnol avec les Sud-Américains, accueillent les Néerlandais en néerlandais, et communiquent en anglais avec les autres touristes. Tu vois? Ça aussi, c’est de l’accueil. »
Qu’as-tu pensé de l’initiative de M dans le cadre de l’accueil?
« J’ai trouvé cela super! Grâce à cette collaboration, j’ai rencontre toute une série de gens, avec leurs histoires personnelles et leurs récits. C’est comme ça que je me suis rendu compte que chacun a sa propre conception de l’accueil. Ce que l’un considère comme de l’accueil ne le sera peut-être pas du tout pour un autre. Ces différences se retrouvent également dans la présentation. »
