‘A History of Touch’: Grace Schwindt et les Statues du Christ de M

© Salto Productions
‘A History of Touch’
GRACE SCHWINDT ET LES STATUES DU CHRIST DE M
En 2023, Grace Schwindt a effectué, à l’invitation de M, une résidence dans les réserves du musée. L’artiste germano-britannique y a observé, entre autres, les statues médiévales dites du Christ de piété et s’en est inspirée pour la réalisation d’une nouvelle œuvre. Le résultat est à voir dans l’exposition A History of Touch / Une histoire du toucher.

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Grace Schwindt : « Tout a commencé lors de l’exposition Maîtres en sculpture à M, il y a environ sept ans. J’y ai vu une série de Christs de pitié, disposés côte à côte sur un long socle. La vue de ces multiples représentations du Christ souffrant dans sa chair m’a profondément impressionnée. La répétition y a ajouté une dimension : comment autant de variations changent-elles une représentation ?
« Je me suis également demandé : comment prendre soin d’œuvres aussi anciennes ? Comment les conserver et les restaurer ? Au cours de conversations avec Eva (Wittocx, directrice du département d’art contemporain et commissaire de cette exposition), celle-ci a suggéré une résidence pour approfondir cette question. »
Benedicte Dierickx (gestionnaire des réserves) : « J’ai accompagné Grace dans nos réserves pour lui montrer de quelle manière nous travaillons ».
Grace (à Bénédicte) : « Rien que vos gestes m’ont fait penser à une performance. La façon dont vous prenez une œuvre, la portez avec précaution jusqu’à une table et la posez sur un coussin… Et puis, lorsque je me suis retrouvée face à ces sculptures, c’était… le paradis. Quel privilège de pouvoir les toucher, fût-ce avec des gants. Le toucher est très important dans mon travail ; je le vois comme un moyen d’établir un contact direct avec l’histoire, avec le traumatisme aussi – un autre thème central pour moi. »
« Les statues ne font pas que montrer les blessures du Christ, elles portent les leurs aussi. Elles présentent des fissures et il manque des morceaux. C’est le résultat du toucher : des personnes et des objets les ont touchées, il y a eu contact avec l’air et la terre… Ce qui m’intéressait, c’était à partir de quel moment ces dommages font partie intégrante de la représentation ? J’en ai parlé avec Bénédicte et avec des restaurateur·rices ».
Bénédicte : « Mon travail consiste à m’occuper d’objets endommagés. Mais c’est précisément dans ces dommages que Grace voyait de la beauté. Pour moi, c’était une nouvelle perspective. »

Foto van Christusbeeld genomen door Grace Schwindt in depot M, 2023
Pierre et os
Grace : « J’ai pris beaucoup de photos des dommages, et je les ai ensuite dessinés. Le résultat oscille entre le figuratif et l’abstrait – seules Bénédicte et moi savons quel dessin est basé sur quelle sculpture (rires). J’ai travaillé avec des tons doux et des lignes de crayon, puis j’ai ajouté du bleu et du rouge – des couleurs vives qui donnent de la force au dessin. À mes yeux, cette combinaison parle de l’équilibre entre l’attention, la vulnérabilité et la force. Je veux rendre le traumatisme visible et non pas le cacher comme nous avons l’habitude de le faire. Exposer la vulnérabilité, c’est la transformer en force. Ou peut-être les deux à la fois : la force et la vulnérabilité. Je veux montrer la complexité, non pas l’expliquer ».
« Une œuvre m’a particulièrement interpellée. Un Christ du XVIe siècle, ou ce qu’il en reste : deux jambes, un torse et une tête, et la pierre sur laquelle il est assis. Soit trop peu pour reconstituer l’original, et c’est précisément ce qui m’a interpellée ».
Bénédicte : « Mon réflexe serait de dire qu’il est difficile d’exposer une telle œuvre. Mais en discutant avec Grace, je me suis dit : pourquoi pas, au fond ?

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Grace : « Cette image m’a inspiré de nouvelles peintures et une nouvelle sculpture. Elle se compose d’éléments géométriques en céramique dans lesquels j’ai découpé les contours des quatre fragments subsistants. Pourtant, on ne montre qu’un seul fragment original, une jambe, pour laquelle la sculpture est une sorte de support temporaire, mais en même temps une œuvre d’art en soi. Elle thématise les blessures et les traumatismes de l’original et renvoie à l’idée de protection et de soin des objets fragiles ».
« C’est la première fois que j’ai pu travailler de manière aussi intensive avec de l’art ancien, et j’ai trouvé cela formidable. Cela m’a donné des centaines d’idées pour de nouvelles œuvres ».
De la résidence à l’exposition
Grace Schwindt combineert disciplines als tekenen, performance, film, sculptuur en schilderkunst. Ze analyseert hoe lichamen, objecten en taal bijdragen aan de constructie van geschiedenis en herinnering. In haar werk spelen begrippen als kwetsbaarheid en zorg een belangrijke rol. Grace is geen onbekende voor M: in 2013 en 2018 nam ze al deel aan het Playground-festival.
Haar solotentoonstelling in M toont zowel bestaande sculpturen, tekeningen en schilderijen als nieuwe creaties, waarvoor ze zich liet inspireren door historische objecten uit de collectie van M. Die verkende ze tijdens een residentie in ons depot, waar depotbeheerder Benedicte Dierickx
haar begeleidde.
De residentie in het depot past in een nieuw programma waarin kunstenaars, curatoren of denkers worden uitgenodigd om in en met M te focussen op een aspect van de museumwerking.

‘When a body becomes a Landscape’, Grace Schwindt, 2024 © de kunstenaar, courtesy Galerie Peter Kilchmann Zurich/Paris