Première étape vers la restauration : la retable de la Passion passé au crible

Onderzoeker bij het passieretabel van museum M Leuven

© Elias Derboven voor M Leuven

Première étape vers la restauration

La retable de la Passion passé au crible

Au Moyen-Âge, presque chaque église à Louvain possédait plusieurs retables. Beaucoup se sont perdus avec le temps, mais la Collection de M présente un magnifique exemplaire sculpté du XVIe siècle : le retable de la Passion.

Onderzoeker bij het passieretabel van museum M Leuven

© Elias Derboven voor M Leuven

Stijn Lenaerts est conservateur d’objets polychromes à l’IPARC, une entreprise spécialisée dans la restauration et la conservation d’objets d’art. Au cours des derniers mois, il a examiné avec minutie le retable dans la salle, ce qui a permis à celles et ceux qui le souhaitaient de suivre ses travaux.

 

Stijn : « Le retable représente la passion du Christ et sa mort. En bas, on reconnaît quelques scènes de son enfance. Il a été réalisé à Anvers, vers 1520, selon nos estimations. Initialement, il était accroché dans la chapelle du couvent des Augustines, sur l’actuel site des Ducs (Hertogensite). Mais, au fil des siècles, il a fait le tour de la ville pour finalement aboutir au Musée municipal Vanderkelen-Mertens, prédécesseur de M Leuven. À présent que nous l’avons étudié en détail en vue de sa restauration, les collaborateurs du musée effectuent des recherches en histoire de l’art dans des archives et autres sources, tandis que moi, je me penche sur l’étude technique des matériaux du retable lui-même. »

« La première étape a consisté à prendre des photos très détaillées à l’aide d’un appareil photo spécial. Une fois avec une lumière normale et une fois avec une lumière ultraviolette. Cela a permis de voir que tout est recouvert d’une épaisse couche de cire qui date de la fin des années 60, lorsque Jan Crab, conservateur du musée Vanderkelen-Mertens, a restauré le retable. Il a retiré, entre autres, les parties repeintes au fil des siècles et a appliqué cette couche de cire pour protéger ce qui restait des couleurs d’origine. C’était une pratique courante à l’époque. À la fois une bénédiction et une malédiction : cette cire fait très bien son travail, mais elle attire beaucoup de poussière par ailleurs. C’est pourquoi les images et le cabinet ont aujourd’hui cet aspect assez terne. »

Detailfoto van het Passieretabel in museum M Leuven

© IPARC

Detailfoto van het Passieretabel in museum M Leuven

© IPARC

Codes de couleur

« Le reste de l’examen consiste en une inspection visuelle, pour ainsi dire. Nous examinons attentivement toutes les parties du retable et vérifions où se trouvent les dommages, où l’on a inséré de nouveaux morceaux de bois, où subsistent des traces de repeints, où des parties manquent… Nous introduisons toutes ces informations dans un programme informatique et nous indiquons les différents types d’informations par un code de couleur spécifique sur les photos du retable. C’est un travail de précision. Une telle étude technique des matériaux est importante en soi, mais essentielle pour la restauration. En fonction des résultats, des experts déterminent la manière de procéder. »
 

Onderzoeker bij het passieretabel van museum M Leuven

© Elias Derboven voor M Leuven