Collégiale Saint-Pierre : la chapelle de Marguerite la Fière

Reliekschrijn van Fiere Margriet, Joseph Wilmotte jr., 1902, Collectie M Leuven/Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Collégiale Saint-Pierre : la chapelle de Marguerite la Fière
Fière & d'ici
Le lundi de la kermesse, début septembre, comme chaque année, on a ouvert le reliquaire de Marguerite la Fière dans la collégiale Saint-Pierre. Cette année était toutefois particulière, car, le 2 septembre, nous avons célébré le 800e anniversaire (supposé) de sa mort. Un jour durant, il était possible d’admirer son crâne, surmonté de sa couronne en argent, et ses ossements. Vous souhaitez en savoir plus sur cette sainte populaire de Louvain ? Il suffit de poursuivre votre lecture.

Reliekschrijn van Fiere Margriet, Joseph Wilmotte jr., 1902, Collectie M Leuven/Sint-Pieterskerk, bron: artinflanders.be, foto: Dominique Provost
Dans le déambulatoire de la collégiale Saint-Pierre, une petite chapelle gothique latérale, la chapelle de la Bienheureuse-Vierge-Marie, construite vers 1535, fait fonction de dernière demeure pour Marguerite la Fière. Les fidèles pouvaient y accéder directement depuis l’extérieur par une petite porte latérale, aujourd’hui murée. Mais la chapelle latérale est bien visible depuis la place Rector De Somer.
Légendaire
Il existe différentes versions de la légende de Marguerite la Fière. La plus connue veut que Marguerite (dont on ignore le patronyme) travaillât comme servante dans l’auberge de son oncle et de sa tante. Un soir, deux étrangers arrivèrent. On envoya Marguerite chercher du vin, mais à son retour, les clients avaient assassiné son oncle et sa tante. Ils enlevèrent Marguerite et tentèrent de la violer aux abords de la ville. Elle se défendit et ils la tuèrent à son tour. Puis ils jetèrent son corps dans la Dyle. Miracle : la dépouille de Marguerite remonta le courant et revint dans la ville.
Les meurtriers furent arrêtés et exécutés, et la tombe de la jeune femme devint un lieu de pèlerinage. Elle fut d’ailleurs qualifiée de « fière » parce qu’elle préféra mourir plutôt que de perdre sa virginité. Ou, comme le dit une ancienne chronique : « cruellement torturée pour préserver sa pureté virginale ».

Quelle procession !
Marguerite fut enterrée dans le cimetière, qui entourait alors l’église. Très vite, les habitants de Louvain vinrent implorer la guérison sur sa tombe. Lorsque le cimetière fut démantelé vers 1535, les restes de Marguerite furent transférés dans la chapelle latérale spécialement construite à cet effet. Depuis 1902, ils reposent dans un reliquaire néo-gothique. Entre 1930 et 1965, celui-ci était porté lors de la procession (« begankenis ») annuelle à travers la ville. Cela requérait plusieurs hommes robustes, car le reliquaire est extrêmement lourd.
Ce sont les dons généreux de paroissien·nes, en particulier de jeunes servantes, qui ont financé le reliquaire, un chef-d’œuvre de l’orfèvrerie néo-gothique. Ces femmes voyaient en Marguerite une figure exemplaire.
À côté du reliquaire se trouve la cruche originale avec laquelle Marguerite alla chercher du vin à l’époque, du moins selon la tradition. En réalité, cela semble peu probable, ne serait-ce que parce qu’il n’y a aucune trace d’anse sur la cruche.





Oh !
Dans la chapelle de la Bienheureuse-Vierge-Marie, cinq toiles illustrent la légende de Marguerite la Fière. Elles sont l’œuvre de Pieter Jozef Verhaghen, un artiste de la région qui devint le peintre officiel de l’impératrice Marie-Thérèse en 1773. Observez le tableau de droite : il représente Marguerite lorsqu’on vient de la sortir de l’eau. Une représentation très réaliste, ne vous effrayez pas !
Longtemps, on a pensé que Marguerite avait été béatifiée en 1902. Des recherches ont toutefois révélé que, si la demande avait bien été introduite, elle n’avait jamais été approuvée. Marguerite n’est donc ni sainte ni bienheureuse, mais simplement fière. Ce qui n’empêche pas les habitants de Louvain de continuer à être fiers d’elle. Même au bout de huit siècles !

Vivez Bouts
Située à un jet de pierre de M, l’église Saint-Pierre restaurée accueillera une expérience qui mettra vos tous vos sens à contribution. M vous fera vivre l’histoire passionnante de cette église gothique et vous permettra de découvrir les trésors artistiques qu’elle abrite.