M célèbre les 600 ans de l’Université de Louvain
M célèbre les 600 ans de l’Université de Louvain

Simulatiebeelden Dwaaltuin Wandering Garden (c) Gijs Van Vaerenbergh
L’université de Louvain (KU Leuven) célèbre ses 600 ans d’existence et à cette occasion, elle propose toutes sortes de projets et d’activités. M célèbre aussi l’événement. À l’automne, nous organisons deux expositions spéciales, ainsi qu’une exposition à la bibliothèque universitaire. Enfin, depuis le mois de mai, une route des arts et des sciences traverse la ville de manière permanente.

Simulatiebeelden Dwaaltuin Wandering Garden (c) Gijs Van Vaerenbergh
La route mène le long de huit nouvelles œuvres et autant de nouveaux poèmes, dans des lieux reliés à la KU Leuven. Elle commence au Dwaaltuin de Gijs Van Vaerenbergh – une construction en acier, sur le campus Arenberg, que des plantes grimpantes recouvrent peu à peu et transforment en un labyrinthe vert –, passe par le Grand Béguinage pour rejoindre le centre-ville. Pour ce projet, l’université a nommé trois commissaires. Stéphane Symons, professeur de philosophie, Heidi Ballet qui a fait ses armes, entre autres, à la Triennale de Beaufort, et Maud Vanhauwaert, poétesse, responsable du volet poésie. Eva Wittocx, directrice du département d’art contemporain à M, a soutenu le projet et prodigué des conseils experts.

© Jelle Jespers
Stéphane Symons : « La science est bien sûr très importante pour la KU Leuven, mais l’art l’est tout autant. Pour notre année d’anniversaire, nous avons voulu les faire dialoguer. En outre, nous avons pensé que le processus – la création d’œuvres – est aussi important que le résultat. »
Heidi Ballet : « Nous n’avons pas voulu simplement solliciter des artistes pour créer une œuvre à l’occasion des 600 ans de la KU Leuven. En lieu et place, nous avons invité des plasticien·nes, des poète·sses et des scientifiques à échanger leurs points de vue. Chacun·e à partir de sa propre perspective, mais avec l’autre comme caisse de résonance. Cela en fait un projet unique. »
Stéphane : « L’université compte 16 facultés. Nous les avons toutes visitées, en posant à chaque fois les trois mêmes questions : Que représente la faculté ? Quelles questions soulevées dans vos recherches sont pertinentes pour d’autres facultés ? Comment relier ces questions aux grands défis sociétaux ? Ainsi, nous sommes parvenus à une série de thèmes bien adaptés à la fois à l’université et à la société dans son ensemble. »
« Pour chaque thème, nous avons réuni des scientifiques de différentes disciplines et un artiste dans un “laboratoire de recherche”. Ces laboratoires se sont régulièrement réunis pour échanger leurs connaissances et leurs expériences. »
Les secrets du cœur féminin
Heidi : « Quelque 45 scientifiques ont participé : d’un neuropsychologue à un spécialiste de la communication scientifique, d’un astronome à un économiste dont la recherche porte sur le prix abordable de médicaments dans les pays en développement ».
Eva Wittocx : « Parmi les artistes, il y a un bel équilibre entre talents émergents et établis, hommes et femmes, nationaux et internationaux… »
Stéphane : « Les conversations menées dans les laboratoires se sont révélées clarifiantes pour les deux parties : souvent, les artistes ont des antennes qui perçoivent de plus vastes problèmes qui échappent parfois aux scientifiques hyperspécialisés, mais ils sont quelquefois un peu trop pessimistes. Les scientifiques ont pu leur opposer des résultats de recherche porteurs d’espoir. »
Eva : « Une artiste figure à la fois sur la route des arts et des sciences et au musée : Alicja Kwade. Cet automne, M lui consacre une exposition individuelle. Kwade créera une œuvre dans le parc de la ville autour du thème The Poetics of Not Knowing. Il y a encore tant de choses que les sciences ignorent. »

Alicja Kwade, ParaPivot sur la terrasse du Metropolitan Museum of Art de New York, 2019
Heidi : « Pour le thème “Médecine pour tous”, nous avons choisi l’artiste Clara Spillaert. Dans le laboratoire de recherche, elle a entendu un chirurgien cardiaque dire que trop peu de recherches avaient été menées sur le cœur féminin. Pour Clara, ce fut une source d’inspiration directe pour l’œuvre qu’elle va créer. Elle sera installée au Grand Béguinage, où, seules des femmes vécurent pendant des siècles.
« Nous sommes très heureux que Berlinde De Bruyckere ait accepté de participer. Son thème est la “résilience”, mais elle l’associe à la vulnérabilité. Elle a réalisé une sculpture qui s’inscrit dans la ligne des sculptures d’anges qu’elle a présentées à la Biennale de Venise 2024. L’œuvre sera exposée à l’auditorium Pieter De Somer ».
Pas de fin
Stéphane : « Nos connaissances, et la société avec elles, évoluent sans cesse. C’est pourquoi nous avons appelé la route And So, Change Comes in Waves. La science est une œuvre humaine : elle n’est jamais achevée, elle peut toujours être améliorée. Ou pour reprendre le slogan de la KU Leuven : la connaissance ne connaît pas de fin. »
‘And So, Change Comes in Waves’
permanente et gratuite, accessible à partir du 16 mai